Voyailleurs suite 3



 "J'inonderais une voiture si elle s'arrêtait, je marche dans les éclairs, je suis de la pluie. Les lumières de la ville sont au bout de l'eau,
c'est Stuttgart, je pense dans les étoiles mouillées, je marche des heures.

Le "Skiffle" est près de la gare, sur les bancs, les escaliers de bière, les cabines téléphoniques, manque de jouer, manque de monnaie."

Avec son groupe, il vivait caché dans une forêt, grille des patates dans la cendre, récolte des escapades de nuits avec oignons crus, rosée glacée sous les reins.
Juste avant, il jouait dans le quartier chaud, au wum-wum, dans une petite rue près de la Kaiserstrass, en intermittence avec un groupe de soul,
et puis un jour, un disk-jockey élégant les embarqua dans son délire de mythomane professionnel.

Les affairistes et beaucoup de par le monde voient vite les blessures ouvertes des innocents-voyailleurs.
Au final le DJ dandy avait aussi un cadeau. Il allait leur prendre leur argent, leur voiture, mais ils demandaient des aventures fortes…
Le suspense, c'était quand ils eurent repéré son stratagème, réuni les preuves, et lui revient, paternaliste et manager avec un beau contrat
de tournée pour Coca-cola,avec Peter Paul and Mary et les Animals. Il avait fait très fort, Clovis le bassiste avait été avec lui pour la signature,
dans les bureaux de la firme. Le DJ était bien rentré à la direction, ressorti avec un contrat apparemment signé,
mais il s'était arrangé pour que Clovis ne rentre pas avec lui. C'était un scénariste:
il avait déjà pris une partie de l'argent, était parti avec la voiture, le groupe avait eu des renseignements par d'autres musiciens volés,
et dès son retour, il recrée un doute…
— "S'il revient c'est peut-être vrai ?"  Les petits musiciens se font le jeu de la parano.
— "Nous ne le quittons plus d'une seconde". En haut du cabaret dans leurs chambres taudis de l'autre côté des gravas, d'un autre cabaret de la guerre,
explosé et intact dans l'effroi, guerriers aveugles envolés vers des carapaces pacifiques, fer, verre, tissus, bois, respire la bombe,
la pluie joue sur le piano de rouille, squelettes dansant avec les officiers SS.

De l'autre côté, dans leur repaire, ils surveilleront toute la nuit le DJ, chacun deux heures, avec une barre à mine, au cas où il repartirait.
Le lendemain, départ avec un car, commandé pour la tournée. Deux devant, deux derrière.

— "Nous sommes encore là, à douter, alors qu'il nous a vraiment trouvé une tournée".
Quand tout le doute sera parti de leurs têtes de folk-singer, dans la gare, en quelques secondes, il disparaîtra, juste au moment où ils pensent à la tournée.
en prenant une photographie d'eux,en prenant l'appareil dans leurs mains,4 mètres de recul et s'enfuir.

Quelques jours après, ils verront son visage à la une des journaux, recherché par toutes les polices.
Ils apprirent ensuite qu'il croyait à ses fabulations, ce qui lui donnait cette force de persuasion.
— "Si les mythomanes arrivent à croire totalement à leurs créations, avec respect d'autrui il serait possible de composer totalement un scénario de vie…
et de rentrer dedans ! ne plus se laisser mener" dit le voyageur, créer tout de sa route ?

C'est là qu'il démarra une vision positive de tout ce qui tombait sur lui.

 

Deux pour un orage
 
L'orage vient de m'éveiller
Des éclairs illuminent le village endormi
On dirait que le soleil s'est détaché
Découvrant les abîmes de la profonde nuit
Pour venir enflammer la terre entière
Autour de ton lit                    pour venir inonder
la terre entière autour de ton lit
Rugissement féroce c'est le lion poursuivi
Une jungle                             en féérie de clarté
L'orage vient de t'éveiller
Tourne la croupe                  dans l'électrique éclair
Détourne la route                 de la bouche au rêve
Limée l'hymne au fruit          gonfle le mat des délits
Gonfle le vase de vie           Prise en toutes lèvres
Plein les joues                      Plein la sève
Renverse le cou                   Tirée par les rennes
Lancé par les cheveux         Fruits et fougères
Juteuse et pleine                  Attendri les yeux
Balance à genoux                envoyée des Dieux
Ecartelée par l'orage           Renversée rugissante`
Bras et jambes liés        Pour la pénétrante
de bois affamé                     inondée au ventre
Etoilé en brousse                 Ecartée au fort
Troussée achevée               Prête à boire
La pluie d'orage
Elle se glisse et coule
Transportée aux cuisses     La houle du feu
Deux pour un orage
Tourne les heures et les fentes
Les danses attachées         aux plats-ventres
Rien ne dégoutte                  pour mieux être de la pluie
Mieux être remplis               Dur le temps rage
Mais le lion s'échappe         Se fait fine les gouttes
L'orage s'en va       Laissant la place libre
Aux domaines de nos voix.


 — "C'est fini ?"
Nous sommes au Havre dans une chambre de danseuse. Le voyageur a raconté tout d'un trait.
Elle a imaginé l'éclatement du groupe, car il est là seul avec elle. C'est le jour de relâche. Ils jouent tous les deux sur la même scène, pas ensemble.
Elle fait une danse du ventre avec des tissus mauves ajourés, puis le mauve est au sol et son long corps de bête déifiée s'agite,
corps de désir se battant dans le blanc du temps en tournant directement à l'essentiel, longue crinière noire, rappel de danseuse nue,
traits prononcés, nez bouche front très dessinés. Lui, quelques minutes plus tard, chante des chansons de marin,
et les marins dans la salle qui ont trop bu se font virer à la matraque électrique par la patronne.
Ce soir c'est repos, la strip-teaseuse mauve l'a invité chez elle. Petits plats et suspense, elle lui a tiré les cartes.
Elle en a appris beaucoup, lui aussi, avec des détails, des frontières à passer qui se révèleront tout juste dans sa bouche, à chanter ?
Avant que la chaleur des mets, des mais..les mettent dans la légèreté de l'intime, dans le rire nerveux, il a inversé les strips.
Elle a fait des allusions aux courbes dans le pantalon de cuir, avec une voix goëlante, une voix de ventre, des regards bas, des frôlements, les mots précis,
admirante pour l'exciter encore plus, lui a proposé un bain. C'est elle qui est venue regarder, elle a joué avec tout ce qui sortait de l'eau, joué, joué, ils ont joué partout,
elle s'est allongée sur le lit, elle ne voulait pas faire de strip ce soir, voulait rester habillée, avec un garçon nu.
 Elle a sorti les poires en attraits et sa toison noire, des lèvres longues ombrées.
 — "Tu as déjà tout vu dans la coulisse c'est pas juste, il n'y a plus que deux choses, le gros plan et être dans le noir, dépêche-toi de regarder, j'éteins".
Elle avait une force terrible dans les doigts, elle s'est emparée de ce qui avançait, a fait descendre la peau sur toute la longueur tirant tout très fort à elle
comme pour s'attacher à la base et la nuit totale a éteint les mots d'étreintes silencieuses.
Ils se sont étonnés de leurs vigueurs, du décalage horaire de leur jeunesse. Elle cherchait des violences particulières, faire sauter le rouge,
attendre l'animal en criant en dedans à la brousse du rêve, revenir à un mauvais souvenir en vivant du bon dessus, lui à se faire sortir de force
l'arbre d'amour qui lui poussait dans la tête. Les mots et les notes continuaient leurs effets.


Tout s'était endormi
et vivait dans une plénitude lente et secrète qui semblait s'écouler depuis les temps premiers.
Les cris et les salissures terrestres avaient disparu. Les fumées des poisons nouveaux s'étaient envolées au-delà des visions
et les êtres devenus diaphanes ne cachaient plus la lumière. Leurs images avaient retrouvé la terre de soleil dans laquelle ils avaient été créés.
Le jour venait avant l'aube et tout était lumière en un instant et en même temps en si longtemps qu'aucune mémoire
n'aurait pu se souvenir d'un avant d'un autre jour. La beauté que le temps diffusait anéantissait d'émerveillement
et au seul reflet de la vie tout se multipliait en grandioses fabulations en ailleurs absolu d'un ultime voyage.
Les mois et les heures étaient oubliés comme le ciel s'éclaircissait on pouvait imaginer que c'était comme un matin.
Les monts des nuages traversaient les allées fraîches de l'attente et conduisaient vers une étendue de sable, celle de la "rencontre".
Dans les grandes eaux que couvrait l'horizon, des oiseaux venus de ses profondeurs volaient, sur l'appel du souffle ancestral.
Pour effacer les dernières taches blêmes des gouttes des sources de pluie tombaient limpides dans le ruissellement pâle.
Alors se formait un corps
qui avait la forme des symboles que cherchait le soleil dans les purgatoires vivants.
A fixer le regard sur cette forme des yeux naissaient et une bouche s'ouvrait pour cueillir l'air de ce nouveau monde.
On l'appelait "Sourire".
A son premier son les oiseaux entrèrent dans la mer et leurs chants intérieurs devinrent le son de ces gestes doux de cet éveil.
A chaque souffle de vent, à chaque éternité de secondes, les bras des fleuves se levaient et les mains étaient des étoiles de terre qui filtraient le sable,     
lentement elles descendaient sur le visage pour ôter les poussières de naissance qui empêchaient les paupières de se lever.
Et le vert et le bois de toutes les forêts jaillirent.
Tout ce qui était visible et même l'invisible de toutes les dimensions se filtrèrent d'émeraude,     
c'est alors qu'on l'appelait
"regard".
Les mains descendirent découvrir tout le corps
longeant les terres secrètes du jardin d'Eden retrouvé. Les chairs montaient du sable
et quand le soleil les couvrait elles tremblaient de quiétude.
On l'appelait "caresse".
Dans la chaleur venante elle frémit et s'essouffle retenant le vent son premier désir                
quand le soleil au haut de midi vint brûler au haut de ses hanches     
une nuée couvrit la lumière et la caresse terne des teintes pâlies embrassait son sourire de cristal
Son regard s'étonnait de vie
Elle venait de la première connaissance  On l'habitait depuis ce temps
Chaque jour de plus en plus près 
Aujourd'hui     On l'appelait "Amour"
Quand l'amour se leva il mit si longtemps qu'on avait oublié qui nous étions
Il se mit à courir et sa course était si lente que l'on s'est vu sortir de sa nuit intérieure        
Au matin des renaissances la vie s'écoulait en un jour
Le temps devenait éternel  Il pleuvait encore sur tout ce qui l'entourait
Le vent nous fit monter au plus haut qu'on pouvait voir et l'espace s'étalait
Tout ce qui aurait pu encore appartenir à l'ancien monde se transformait
et des couleurs venues d'autres origines teintaient les sons                       
étiraient les lumières vers l'éclat    Sur les lèvres qui créaient le vent
Des murmures se répondaient      Ce n'était plus des mots mais des chants des rayons sonores           
Les pierres se lézardaient de mousse profonde pour descendre sur le lit des vagues    La pluie cessa
Le soleil se coucha dans les cheveux d'ombre et la première nuit vint,
mais chaque matière, chaque élément éclairait encore
Au départ l'éternel
courait à la fontaine dans un ruissellement
apporter de la source des sources. L'immortalité de ce jour qui renaîtrait chaque matin,
chaque seconde, car tout ce qui vient et viendra est
ICI


Regards
       Comme un vent léger            Sur la mer qui s'éveille
Comme l'étoile du berger     Sur des reflets de vermeils
Mes yeux se sont posés sur toi.
Comme un ciel d'azur     Aux corps renversés
Un fusain une peinture
D'un créateur étranger
Tes yeux se sont posés sur moi.
Comme une nuit incertaine
Aux rêves éveillés
Comme le doute qui promène
Son manteau de nuées
Comme un couple assemblé
Par un lien d'IL et d'ELLE
 d'ILES et d'AILES
 Plus tard      Nos yeux d'IL et d'ELLE se regardent.


Province / cabarets, ils avaient roulé d'un seul trait. Ils avaient un contrat d'un mois. Pendant que son partenaire conduisait,
il s'était dit dans sa tête, sous le roulis de la ferraille, les deux poèmes en mono cordes, comme une musique de mots. Sans rechercher le sens.
Il pensa que cela pouvait lui faire une sorte de prière, un rituel journalier pour le mettre dans un état.
Quand il les écrivait, il y avait une actrice particulière poussant les mots, le crayon et le ton à venir, mais quand il disait, et surtout intérieurement,
en regardant la route défiler, c'était plutôt comme le "Je vous salue Marie" qu'il récitait enfant bien avant le voyage.
Ce n'était pas la peine d'y croire, cela ouvrait un état.
C'était déjà Dijon. Ils cherchaient le cabaret, ils se remirent à parler, son partenaire était un rescapé du groupe du début,
un bon musicien, mais ils se connaissaient très peu et leur séparation vint avant qu'ils ne firent vraiment connaissance.
Ils étaient chacun isolé dans une  mélanco-rêverie trop personnelle.
C'était le frère de l'elfe-actrice du poème, la très jeune fille qui squattait dans les champs d'écritures, au-dessus de ses chansons.
Quand ils rentrèrent dans le cabaret, ils eurent une impression de harem, ou de manif féminine mais alors très sexuée.
C'était un soir de semaine, peu de public, surtout les entraîneuses et les filles du spectacle et au milieu sur la scène,
la plus féminine avec une voix grave chantant une chanson de Marlène Dietrich, et ressemblant physiquement à Juliette Gréco,
avec un costume comme une peau d'oiseau et des plumes de grands migrateurs, un jeu provocant qui impressionna le "voyageur".
Ils traversèrent la salle, trouvèrent un coin de coulisse, ils sortirent les instruments et commencèrent à accorder les guitares, des danseuses se préparaient à côté.
L'oiseau à visage de Gréco arriva. "Salut les hommes ! fait voir quel morceau". Directement dans l'urgence elle pelota et prit mesure des volumes,
elle s'arrêta à lui, s'agenouilla, elle sortit l'ensemble, irrigua, demanda aux autres de regarder, et sans détailler elle engloutit dans sa bouche.
Il y eut du bruit dans l'entrée, inquiète elle arrêta, ressortit le membre et le jaillissement fut récupéré dans un foulard de soie Fétiche était son nom
Chacun prit un air décent à l'arrivée de la patronne. Les guitares accordées ils firent un premier passage, chantèrent du folk rapide
la femme-oiseau se plaça juste en bas de la scène,
le désir monta pendant les chansons, heureusement le cuir de son costume était une protection à la montée abrupte, en haut du col des yeux de l'aigle.
Femelle qui enflammait l'atmosphère torride du bouge… "Mais où sommes-nous ?" pensa-t-il en réajustant son porte-harmonica.
Les chansons gonflées passèrent très vite, les filles applaudirent à tout rompre, sauf le mat : pour cette ballade de marins.
Arrivée dans la coulisse, elle suivit à pleine allure, elle lui prit la main et l'emporta
— "Viens vite", dans le courant d'air noir d'une pièce sombre désaffectée à côté des loges.
Elle guida, se retourna, relevant les plumes de son costume d'aigle, et une immense perruque.
L'entrée au couloir de chair préparée, elle se fit pénétrer dans l'instant, il s'accrocha à des seins énormes.
Des lumières au fond dans la rue allaient et venaient, éteints, allumés, éteints, allumés.
Rester dans ce passage, rosace de vitraux de cathédrale. Il se sentit partir très loin dans la seconde qui tue,
rend encore plus vivant, où tout se tuent, dans un Tu un Tout de plénitude, d'où il revient toujours adouci, éclairci et décalé.
L'aigle laissa dégorger en caressant la nuque de son bec.
Plus tard il découvrit que cette femme à la féminité outrancière était aussi un homme,
quand elle se retourna, les ailes déployées, et lui demanda à s'envoler aussi de ce côté.
Transporté d'étonnements, conquis, il descendit se nicher dans les plumes, les mains dans le duvet,
pensa au chant des aigles et aux prédateurs, à la montagne.
Elle toucha son crâne doucement. Les oiseaux migrateurs tournèrent,
c'était la saison de partir, et il lui suça la queue.


Paris   Grand spectacle dans le silence de tes yeux       La foule s'écarte
Des mots sans importance tombent de tes traits immobiles       Entrer dans la pénombre, dans l'ombre désir du ciné
J'ai une lente image sur ta bouche    L'écran projette à ton front des paillettes lumière          D'alcool et chaises par-dessus bord.
Nos regards traversent    La musique est de piano noyé      Le film s'arrête.
 Jardin des tuileries, banc de fibres transparentes    Maladresse sonore, toucher de corps d'enfant   Massif de fleurs repose-visage au creux du cou
 Des figurants par couples courent sous la pluie       En se tenant la main.     Filmer la scène trois fois          Boire l'eau de ton visage légèrement alcoolisé
Tu souris tes gestes d'adolescente     Des caresses de plusieurs jours sous les paumes    Tourner la scène du baiser.     Trois actrices blondes attendent dans l'ombre.
 
Aux murs de ta chambre
Un bois de pins et de cyprès, tapis de mûriers sauvages    Aux racines d'un châtaignier.
Aux murs de ta chambre    Une plage encore déserte, deux chevaux courent sur le sable
Se reflétant dans une eau verte.
Aux murs de ta chambre, caressés par les pluies,   Les grands vents assèchent les maux des orages
Les murs vont s'ouvrir.    Restera le bois de pin, la plage ne sera plus déserte
Puisqu'elle sera nôtre,        sur les chevaux nous partirons dans le jour naissant.
C'est une chambre de toile blanche, de bivouac     Une chambre de fièvre allongée
Une chambre de corps      Il suffit de se lever, s'habiller          tout disparaît.


Il avait cette musique, ce songe d'un côté et de l'autre cet attrait dans les coulisses de la chair.
Il était entre, entre le tout spirit et le tout libertin, entre la visitation, la contemplation et le passage à l'action tribale et rituelle.
Ressentir calme ou s'abreuver fou, entre, pas à faire les deux.
Ses deux points aux antipodes sont aussi dans sa voix, pour lui avec une voix faible et grave, il commence à parler les textes de son reportage de vie,
et pour manger il chante des chansons de marins et de folk rugueux.
Il n'a aucune culture ! Ne se plaît qu'avec des intellectuels ; eux argumentent avec des écrivains, des penseurs célèbres,
lui avec des détails de ces quelques années de voyages, cela fait la balance : un exemple à soi vaut bien une mémoire de culture
à la vitesse où vont les  mondes cachés, parallèles, les groupes de conscience et les programmations neuro-art de vivre,  heure hautes à se changer,
à essayer c'est déjà beaucoup.   Le voyage pour lui ne serait pas les chemins du mal, longtemps pris en écrivant, mais ceux du Transformant.
Du lendemain créé, chaque jour à téléphoner, rencontrer, essayer des contacts. Apprécier ce qui arrive autour entre, entre sa fuite radieuse,
cette arrivée d'une déesse dans le paysage et sa fuite de nuits, cette arrivée des marchantes du temple, marchantes de leurs temples,
là sur la table de maquillage du cabaret, entre la gare et la mer au Havre dans cette nuit de champagne,
où le mythe des bateaux amène le voyageur dans la découverte, là sous la pluie perceuse, lumineuse du matin.
Tourner dans la ville avant de dormir, tourner un verre à la main
"Vert de tes yeux qui ne l'est pas toujours
Ton mystérieux qui changent au gré du jour".
Là, à l'intérieur de sa chanson creuse ! Un petit arbre de vie féminine apporté, il ne sait comment, comme un cadeau d'ange.


     

©copyright / Voyailleurs /  claude Yvans  2010  /                                                                                                                                                              SUITE