Baroudeur 3


Suite Chamarande
Dans le sud de Paris, des maires me convoquent pour recevoir la Nef-Musiq, ou me font comprendre qu’ils pourraient mettre en place un projet sur le thème,
si j’avais une proposition.
Je replonge dans le pacifisme, cette fois je prends les acteurs dans la ville, acteurs d’un jour, dans une bulle, cinq cents enfants conducteurs.
Un vaisseau de communication audiovisuel au service, et développant leurs créations du moment.
Une bulle de Hans Walter Muller, c’était sa rencontre surtout.
Il vit, avec sa compagne, caché près d’un terrain d’aviation, dans une bulle, il tourne et construit des grandes salles rondes gonflables.

Ils font aussi des événements audiovisuels, développent la cathédrale d’image, dans les carrières du Val d’Enfer, au Baux de Provence.
Muller est photographe, concepteur poétique et surtout bâtisseur architecte. Chez lui, c’est un atelier, la partie habitat est creusée en dessous, diapos dans la salle de bains,
lit monté sur rails en vaisseau permanent  en réel, faiseur d’habitations différentes où le présent ne cognerait pas à des murs, mais rebondirait sur le plastique gonflé,
la voûte est transparente, le plafond c’est les étoiles. Tout près les arbres, les oiseaux, un petit jardin à passerelle.

         Il était passé nous voir dans la serre, il avait apprécié l’arche de verre, les ailerons, et la Nef en son centre. Mais là, chez lui, il y a la mouvance des parois,
le jeu avec le vent, avec le degré d’air qui est injecté. Il dégonfle et me fait tomber le haut de la bulle pour rentrer dans l’aventure de son univers. La maison chavire,
va s’écraser, il remet l’air, elle se réinstalle.
Il vit sous plastique depuis longtemps. Repliée, sa maison tient sur une table, une vraie maison de deux cents mètres carrés
et cinq mètres de hauteur.
Maison nid - Maison vaisseau - Maison image, toutes les expériences de maison-autrement sont globalement dans une bulle de Muller.
         Pourquoi avoir un système d’habitat imposé ? Cette question se rallume à sa présence, au plaisir d’être chez lui en dessous du centre de la bulle,
une sorte de cheminée à la hauteur de la table, le vin servi, et Hans Walter en verve, sur son trajet encore plus « autrement » que sa base.

         La notion de « voyager avec », changer de décor chaque jour , maison seconde peau contenant tout l’aura de la personne.
         Chaleur l’hiver en partant du système de gonflage et brise fraîche l’été. Projection sur le plastique, être le coeur de son propre théâtre,
         Cela ramène au corps, l’habitation première, combinaison spectacle, scaphandre d’âmes très anciennes et de notre être profond.
        
        
Dans la bulle,  le thème imposé était « L’amitié  entre les peuples ». C’était pas loin de la Tour Eiffel, la différence c’est que les enfants étaient sur scène, acteurs.
La Nef se fait africaine, coeur de la blessure : observer les enfants,très souvent ils peuvent eux, donner l’exemple : « -Ils partagent ».
La Nef se fait orientale, un combat pour la sagesse, la justesse, l’histoire du Karaté développer avec Cocatre, école de vie dans la Grande Borne à Grigny Essonne.
La Nef se fait occidentale, elle est métissée. Les petites noires apprennent à danser aux petites blanches.
Chacun garde ses racines. Etre en visite perpétuelle.
Des oiseaux de la Paix étaient pliés pendant des mois,ils étaient d'une mise en scène,dont on garde l'image et le fond,quand les années ammènent à l'inverse.
De loin, les drapeaux peints dégoulinent leurs couleurs,et la masse palette fait un unique drapeau de la Terre.
Danou, Juanita  et le navigateur-conteur faisaient leur dernier voyage avec la Nef, là, dans cette bulle.

La Nef est démontée, stockée  en divers lieux, ce n’est que de la ferraille, son esprit deviendra un laboratoire sonore, une base, un jardin, tout ce qui entoure les rescapés…



 


Après la Bulle spectacle, dans le pétillement d’autres bulles champagne, dans le bureau du maire, Claude Vasquez : il me propose un spectacle avec plus de moyens,
en incorporant toutes les associations, les scolaires, le sport, tous les services de la ville : idées / répés réel  / vidéo / voici : « L’espace temps de la Révolution ».
Deux mille acteurs. Trois scènes : passé, présent, futur, reliés par des fils temporels conduits par des maîtresses de cérémonie. Treize heures de spectacles,
six mois avec la ville de Grigny.
Milliers d’heures de discussions, beaucoup de combats. Le thème est très large : révolution au passé, présent, futur.
Rêve-Evolution si possible, une ville à 40 ethnies, avec des danses, des groupes témoignent leurs racines.
Créer une ossature, structure d’accueil dans un scénario global,
aller chercher les multiples créations pour une création unique.
Le sonore des trois temps, mixé ensemble avec des légendes, dans des bulles de BD géantes, des décors.
         Une scène carrée pour le passé, avec un espace place de village, barricade, montgolfière au-dessus.
         Scène ronde pour le présent autour les associations, les actions de l’année. Scène triangulaire pour le futur, avec de la technicité et des hautes pyramides gonflables.

Dans l’ensemble les associations, les services, les groupes, n’ont pas vraiment envie de se rencontrer, ce n’est pas prévu ! Se rencontrer c’est souvent se mesurer,
comparer, faire le point des avantages de chacun, écouter les autres… Une fête où les groupes passent à la suite en ne tenant compte de personne,
cela arrange bien tout le monde. Faire ensemble, cela plaît aux communicateurs, et aux provocateurs festifs : au départ accueil mitigé, l’étranger bizzard est imposé.

         Tout se délie à se connaître, au fait que le projet, c’est de les mettre en valeur, de faire du meilleur de leurs activités, un spectacle court, montrant leur esprit,
leur essentiel.
Côté des bandes de la cité, très réputées pour être dans le versant du film La haine, je n'ai pas rencontré cette partie du monde :
ils avaient créé leurs espaces, le bombage décor, la danse, avaient une grande portée dans la fête.

        Nous avons vécu  trois ans, dans un appartement de fonction avec les horaires et les préoccupations des habitants, ceux qui travaillent et aussi les autres,
en rencontrant toutes les sortes de vies et de marges.

         Le combat le plus virulent, est avec la responsable du service culturel. Elle avait cette fête en main, elle est déjà critiquée, bousculée par tous les côtés, emportée,
tiraillée par les politiques. Voilà qu’arrive un allumé avec des idées irréalisables, tout un plan à relier tout le monde, de — « Je n’ai même pas envie de lire son projet ».

         C’est du bon combat avec l’amitié derrière. Au moment le plus difficile de nos relations, nous allons lâcher ensemble et devenir amis au sommet du difficile,
il y a le mépris ou la rencontre. A la rencontre l’ennemi disparaît.

        
         La révolution doit s’arrêter à la perfection du bonheur : St Just ! Il l’a bien été au moment de ces paroles.
         Au-dessus, la danse Présent et futur à mélanger, la danse joue le 1er rôle, Une Sica, à l'art d’amener ses élèves en étant l’amie et en même temps le maître,
utiliser l’un ou l’autre rapport, ou les deux , c’est l’enseignement qui amène le plus loin, enseignement sentimental, affectif : ses élèves veulent faire aussi bien qu’elle,
mieux, la suivre en tout, épouser sa philosophie, calquer, être dans la lignée, grandir avec elle.

         Une Catherine historique lance son groupe à une reconstitution très contemporaine de 89, mélange déperruquant des aristocrates et des filles de barricades.
         Là, où les hommes mettraient la violence révolutionnaire dans les bras et les poings, ses danseuses la mettent dans les hanches : le corps vacille, change,
exprime par la croupe sous le tambour.

        Le jour de la fête, c’est fin juin. Plus de la moitié des parents partent en week-end. La gamin a passé six mois à apprendre les chansons du spectacle, et ils partent…
         — « Ah non, il fait beau, on prend la voiture, t’iras chanter un autre jour ! »— « Non Madame, à 800 avec des montgolfières et des parachutistes qui tombent
au même moment, il n’y aura pas d’autres jours… »

         L’hantise commune avec des enfants-acteurs, c’est leur disparition. Il y a toujours de bonnes raisons pour voir la moitié de la troupe cavaler dans une autre direction,
ou remplacée une semaine avant sous la panique des animateurs qui recommencent tout à zéro.

         Les six mois passent à ce genre de combat constant, un tas d’insurmontable surmonté, parfois sur la table de travail, moins sur le champ ensuite de l’ébat final.
         A une heure du spectacle, espace passé, ma chef, a oublié comme moi de dormir depuis longtemps, juste le minimum pour tenir debout,
et gérer un par un, des mots sur des feuilles marquées Problèmes à résoudre. Quand nous en barrons un, en haut de la liste, il y en a deux nouveaux qui s’inscrivent
en bas.
Tout ce qui a été expliqué et compris pendant six mois, deux jours avant, puis deux heures avant, presque tout le monde a oublié.
         Calmement si possible, il faut répéter, redistribuer les ordres de passage. A quinze minutes du début, la sono ne marche pas, les costumes sont perdus,
l’écran est illisible, il commence à pleuvoir, il n’y a aucune solution d’abri qui peut recréer l’ensemble, c’était trop cher pour le budget, nous avons préféré gérer sans…
— « Si la pluie fait la journée, les élus vont nous tomber dessus, et tous les acteurs, et cela commence… ».

         Sur la scène du  Présent  avec mes magnétos, à la table de mixage, la sono centrale qui relie le son de chaque scène. Des kilomètres de spaghettis de fils,
avec encore quelques minutes avant, deux ou trois pannes mystérieuses bien sûr…

         Deux minutes avant, le soleil s’installe doucement, trente seconde avant le début, tout est à peu près réparé.  Départ.
         — De l’histoire de la Révolution que reste-t-il dans la fête ? Du vin au tonneau, du chant à pleine gorge, des gueules historiques.
         — « Alors c’est une révolte ? Non Sire c’est une révolution »,  le public marche entre les personnages et se fait son spectacle.
         Sur la scène, comme une place suspendue au décor du village, les élus jouent les élus, des Dantons, des Robespierre à paraître, faisant un premier mariage.
Ils sont dedans. Je les ai jamais trouvés aussi vrais, aussi frais. L’effet costume ? L’effet jouer le jeu.
   La devise de la femme est encore :
— « Travailler, obéir et se taire ». Sur le champ, Olympe de Gouges écrit les droits de la femme. Les aristos de coeur peuvent être des grands révolutionnaires.

        Scène futur. Eveil musical et dansé, ils ont cinq, six ans, comme pour se rappeler d’une première paix, ils volent blanc avec une main, un tissu, rien, une course,
après il faut vingt ans de répétition incessante pour chercher cette grâce.

         Autour, performances, grands tableaux pour se rappeler encore, que les artistes ont le monde entier dans leur monde, et ils montrent au monde, que ce qu’ils ont,
tout le monde l’a, quelque part.

         Astou, une Camille Claudel sans Rodin zonant à la  Grande Borne, passé par l’Afrique en corps, par l’Egypte en reste de formes. Sculptures momifiées,
oeuvres préparées pour d’autres temps avec des milliers de brisures,
des débris, des éclatements, elle recrée une scène à répondre aux millénaires.
         Elle s’amuse aussi, là avec les amateurs et les enfants, de ces grandes toiles vivantes en quelques heures.
         Dans l’espace présent, l’arc, le but, la flèche comme la vie, les  murs d’escalades pour se hisser à l’aventure.
         Un motard qui branche toute la cité, roule sur sa roue arrière, se dresser pour un nouvel équilibre.
         Un coup de maîtresse de cérémonies, des filles mi-cosmonautes, mi Rio-Carnaval et top : 40 ethnies, carnaval du globe.
         Voici le pays des arts martiaux, le samouraï caché dans le coeur. — « Lors de la naissance, nous avons à l’intérieur de nous une petite pierre pure.
Le parcours de la vie, salit et dépose des impuretés sur cette pierre.
Le devoir est de la polir et de la repolir, pour lui rendre la forme ronde et lisse du départ.
Le karaté est un des outils.
A la fin de votre vie, ce cristal, ce point de lumière, cette pierre continue son voyage sans votre corps. Elle seule fait survivre l’art. »
Cocatre. L’esprit du karaté recréé dans la banlieue, ils jouent sur les trois scènes en même temps, c'est le passé, le présent, le futur,
l’intemporel de l’éternel nouveau guerrier, contre ses propres démons, il a gagné quoi qu’il arrive.

         — « Nord, Sud, pays de la danse métisse, danse du monde, un pas au Nord, un pas au Sud harmonisé.
         -"L’art populaire est en avance sur les chefs de la terre."
         -"Montrez aux hommes que nous ne leur sommes pas inférieurs, ni en vertu ni en courage."
         -"L’amour sous toutes ses formes a fait toujours partie de la révolution, se provoque, se danse, s’habille, dans une nouvelle répartition des rôles, libre et pur »,
dit Sica de sa voix Reine de danseuses du Nil.

         Les conteurs ont disparu des places et des veillées. Deux cents ans après, Claudine dirigeant les goûts à la lecture dans sa bibliothèque,
avec ses femmes du livre, a repris l’action des conteuses.
-« Si tous les tambours du monde tapaient au rythme du coeur de la terre et ensemble, on pourrait continuer l’aventure ».
         Dans le casque j’entends Akila nommer des prénoms de lointain : faire entrer les acteurs d’un mélange d’une vingtaine de langues, une musique de sons de mots
volant au dessus, émotions, traditions, les groupes musicaux avec la nuit, le feu d’artifice avec le son du livre d’histoire se fermant.

         Il faut plusieurs jours pour se rendre compte que la fête est finie.
       — « Si tu avais réussi pleinement ce serait quoi pour toi ? »
       — « Etre heureux dedans,  marre de l’art souffrance, être bien soi. Le temps change et fait disparaître l’apparence. L’important est au présent. »
       

La révolution à faire                                                                              
 La révolution à faire     N’est pas la terreur
Ni le sang des autres      Messieurs les orateurs     Vous tournez dans l’erreur
 La REVOLUTION à faire   C’est pour la TERRE
La révolution à faire       N’est pas le changement d’homme    Mais le changement de l’homme
PAS LE CHANGEMENT D’HOMME        MAIS LE CHANGEMENT DE L’HOMME
 Rimes dans les rides           Rixe dans les rites
Arrêt volté      Révolté           Le rester tendre      Révolution d’Amour à éclore chaque jour.
 Dans une autre vie               j’étais dans la grande histoire
A la Chambre des Députés    Et là j’écoutais ces hommes
Qui se tuaient de leurs passions
Croyant leur idée comme la seule raison d’ETRE
 La révolution à faire n’est pas la terreur
Ni le sang des autres, messieurs les orateurs          Vous tournez dans l’erreur.
LA REVOLUTION A FAIRE C’EST POUR LA TERRE
 Dans une autre vie               j’étais dans l’unique histoire            A la Chambre des Plaisirs
Et là j’écoutais ces hommes         Qui se tuaient de leurs passions
Croyant leur idée comme la seule Raison d’ETRE
 Et je vous entendends     A travers le temps
            Revenir en d’autres vies       Pour comprendre là où tout finit
            Et recommence
            Et je vous attends                            A TRAVERS LE TEMPS

        
                                                                                                                                                                                               
 
Dans l’entre deux spectacles, mon voisin est Manfila Kanté, c’est le cousin de Mory. Le grand griot du Mali. Manfila est le premier à garder les racines
et en même temps, utiliser aussi la rythmique de la world, les synthés, en gardant la magie de celui qui va de village en village avec ses cordes.
Il était le leader des ambassadeurs, un groupe qui a fait le tour du monde avec le son du Mali, le chanteur était Salif Keita avec cette voix qui danse au-dessus.
Il est là, à la Grande Borne, à ramer pour la sono mondiale, le maire l’a accueilli, et lui Manfila comme sa famille, l’accueil, ils connaissent.
Au début j’avais surtout remarqué Mama Diabaté, beauté des coiffures, beauté en clair, plus la peau est sombre, plus la beauté peut être claire,c'est une de ses femmes,
qui chante avec lui. Il a de la chance, avant elle chantait avec Myriam Makeba.
         Nous commençons à parler.
         — « Ah t’es artiste ! je le savais ».
La force de l’accueil chez eux, c’est que tu es à la fois l’invité toujours, et de suite, tu es dans la famille. Tu gardes les deux positions.
Il y a une simplicité dans la présence que nous n’avons peut-être jamais eue, nous qui n’avons pas la marque définitive du soleil. Nous nous avons besoin de lumière,
de jour, d’éclairage, de rayons, eux ils sont sculptés par le soleil. Même dans un pays froid il reste, un morceau de la terre chaude, cristal de puissance africaine.
Un côté roi, chez le plus pauvre isolé ici, même la culture colonisée, piquée, commercialisée, avec nos apports sociaux, mais aussi notre pillage,
ils restent des êtres forts, prêts à retrouver la tribu, la reconstituer n’importe où, avec une ouverture, même à ceux dont les ancêtres étaient les pillards, nous, les blancs.
J’aime cette élongation du temps, ce temps approximatif à une heure un jour une semaine près,quand il y a un rendez-vous.
Ils m’emmenaient dans leurs fêtes, avec beaucoup d’artistes du pays, de Guinée aussi. J’étais souvent le seul blanc. Il a joué sur mes chansons,
je lui prêtais mes machines de studio, nous avons beaucoup troqué de l’aide artistique.
Tous les soirs, après mes réunions d’associations ou municipales, je rentrais groggy de réunionnite et je devais passer manger une assiette de riz,
avec la recette malienne de poissons ou de viandes, si je ne passais pas ils s’inquiétaient. Je savourais, on riait de tout, et je reprenais forme.
La télé était toujours allumée mais c’était un aquarium. On se racontait des histoires, chacun faisait le conteur. Toujours une énorme famille, les frères de passage,
les soeurs, cousines, tous les enfants et ses deux femmes qui se mettaient parfois ensemble à l’attaquer. Elles savaient retourner vite une situation,
il y en avait toujours une qui me traduisait les envols sonores de la langue.
Mama Diabaté allait venir chanter dans ma chanson « Mets la flamme » qui fut toujours le final de mes performances sur la paix.
Ses soeurs sont aussi chanteuses, toutes de ces Diabatés de la tradition vocale du centre de l’Afrique, ces mélanges de voix qui ne font plus qu’un son,
un son introuvable de sorcier femelle. Mais j’ai toujours eu un faible pour Mama. — « Non, ce n’est pas parce que c ‘est la femme de mon voisin ».
Manfila est un guitariste avec une couleur très personnelle. Quand il était jeune, avec les  Ambassadeurs dans les hôtels et à la gare de Bamako,
ils jouaient tous les tubes français et la pop, et il fait des solos où s’enchaînent des plans de ce temps avec le jeu tournant de tous les instruments à cordes du Mali.
Pour Salif, il a joué avec Santana à eux deux, une forêt de guitare, forêt haute à marcher au-dessus, dans les ponts de cordes.
Sa voix a l’impact du grand oiseau migrateur et de l’homme blessé à la vision de son continent.
         — « Grigny Grande Borne, le béton, la vie dure des cités ? »
         — « Non ! J’avais ce voyage juste en face de ma porte, de chez moi je les entendais parfaitement. »
Pour m’isoler de la rue, et continuer mes travaux de conscience, j’avais fait mon lit à terre dans un placard… Peint en blanc, j’avais mis des images, des codes,
c’était un caisson d'isolation sensorielle pas cher ! Je travaillais là, dans la résonance du village du Mali juste à côté.
Comme deuxième bureau j’ai trouvé un immense terrain avec une forêt autour, Le silence est presque là, derrière les sons d’autoroute, des colonies d’oiseaux,
de la liberté en vrac, de la liberté en bosquets, en cachettes, en sentiers, en horizon de sapins où disparaît totalement le béton.
J’en fis mon solarium privé pour le bronzage intégral qui est toujours une de mes obsessions, dès avril et jusqu’à novembre, juste ce qu’il faut pour recharger les accus,
bien amochés par les changements du voyage, et pour un léger hâle qui me semble une protection à mes bronches chroniquement volcaniques.
Correspondre avec le soleil, l’air dans un lieu un peu paradisiaque: De l’un peu paradisiaque il y en a partout.
J’ai trouvé des centaines de terrains personnels pour une heure ou deux, même très près des villes.
Il y a apparemment peu de gens qui recherchent la beauté de grands sites pour soi, ils préfèrent partager à des milliers un petit coin de plage torride.
Tant mieux, il y a des surfaces sans limite pour les solitaires.
 
        
Pour la ville,j’enchaîne avec « Le monde de l’arbre », un défilé spectacle et un parcours écologique sur le thème de l’environnement.
Invitations, de 25 associations d’environnement sur le présent de la planète, le cerveau géant de la fête. Encore faut-il s’en servir, dans le labyrinthe écologique
des croyances positives, véridique ou apocalyptique il y a un point commun de rouge allumé partout. Au centre du jardin, une terre d’enfant,
comme nous aimerions qu’elle soit, jardin d’éden, une terre réalisée, il y a un potager,  une basse-cour, un concert d’oiseaux, une tonnelle à palabres pour les conteurs,
des espaces ludiques : mer en papiers, jeux de sons et d’eau, structures gonflables à piétiner, palissades d’expressions, jeu de bûcherons.
Des animaux, des arbres à poèmes, à livres, un arbre des cultures, une grotte miniature pour écouter des musiques, des cerfs-volants.
Un show aquatique arrose le tout en hauteur, gerbes sur fond de ciel, bouquet d’eau, graines liquides vers l’idée « aussi petite soit la semence, en elle repose le futur arbre ».
         Cela entourait le cerveau, là où le message des assos est :
         — « Si vous voulez garder le centre du jardin venez nous rejoindre dans nos luttes ».
         — Nous ne pourrons nous défiler, attendre que cela s’arrange tout seul ».
         Justement en parlant de défilé !  — « Nos corps sont les créations de nos esprits »
Le défilé c’est avec le corps et le corps peut se transformer en tout, avec des costumes. Un atelier de couture le soir, ouvert au printemps pour ceux qui ont l’envie
de se faire des peaux différentes, de se mettre des matières de fêtes, de se retrouver à cette préparation, en plein la cité, à côté de la bibliothèque.
Il faut une artiste plasticienne pour allumer les épingles, les tissus, les gonflements, c’est Astou, la mosaïste sculpteur, elle fera une mosaïque de corps costumés,
une oeuvre uniquement visible par hélicoptère, de très haut à l’heure la plus lumineuse.
Pour les rues : c’était le défilé du cycle de la vie : l’eau, le minéral, enfants en costumes de bulles, de poissons déformants à l’ondulation.
Après le végétal, « se fringuer en légumes », toutes sortes de belles plantes et d’arbres avec des seins.
Derrière l’animal, des fauves, des tigresses, des lionnes, de belles black plus sauvages, plus royales que leurs animaux fétiches, des bêtes à désirs, des félines,
à être le sol de leurs pieds. Derrière le char de la femme en danse, entrant dans la peau de la première habitante. Puis l’homme et la planète,
l’entraide mondiale vite. Il n’est pas arrivé cet homme-là, que déjà il y a du grabuge. Heureusement derrière les Samouraïs, les guerriers qui ont compris.
Et puis le présent qui passe très vite, disco mobile, kun fu,   les skateurs, les rapeurs,les folklores des racines, ceux qui font le lien entre aujourd’hui,
habitants de la cité, et avant, gardées au coeur, les danses des ancêtres : croupe rapide et danses longues pour les Antilles, sautant en couleurs rouge-noir pour le Portugal,
Lenteur et pétales lancées pour les Lao-hmong, Batucada pour un carnaval du continent, tapement musical de tout le métal le long de la route, mieux, du côté des usines,
sur le vide des portes et des poubelles, en géants d’échasses qui passent, danse Berbère. Turcs, Marocains, Brésiliens, quel pays le carnaval n’avait pas emmené ?
Les chars arrivent sur le lieu de la fête autour du jardin, ils l’entourent comme des caravanes de ruée vers l’or. C’est le « repas des continents du monde ».
Après avoir montré leur  racines, ils montrèrent leurs cuisines, leurs légumes, leurs fruits, en plein dans l‘environnement, apprécier à l’odeur, à la langue,
aller de l’un à l’autre, ne plus savoir qui est qui. C’est la plante aromatique qui donne les voyages de cette cuisine, qui rapporte à un pays,
même si elle est, dans tous les jardins d’Europe. Du nez qui envoie une image, paysage, arrêt de son urgence, des dépits, tourmentes,lâcher de violences posé dans les saveurs.
La paix a pour noms : angélique, basilic, bourrache, muscade, laurier, coriandre, sarriette, cumin, cannelle, marjolaine, paprika, roquette, mélisse, sauge, thym, fenouil, menthe.
Fruits et légumes à chaque échoppe,  persil, estragon, céleri, cerfeuil. Par ici. Je passe à grande allure, à cette vitesse il n’y a plus d’étiquettes de pays,
ou comme celui qui goûte à tout très vite, c’est un mix-monde. Mangues, citrons verts, ananas, riz à la créole mes amis antillais, et puis après tout se mélange,
entre en festival de goût, fruits de mer, beignets, maïs doux, tomates, aubergines, pastèques. Mélange d’arachides et de poissons fumés africains, sucreries orientales,
et les vins, les alcools, les cocktails ou baignent ses spécifiques odeurs.
A côté le potager reconstitué, le légume avant la table, où cela hésite à le cueillir, où il est l’ornement, objet précieux, sculpture vivante…
Un jardin peut être une exposition d’art. Art saison et transformation, de l’instant pour soi, en contact avec les puissances du bas et du haut, les êtres élémentaires,
les éléments en spectacles. Après, imaginé un bal champêtre des quatre horizons, : Europe, Afrique, Orient et pays de la Méditerranée,des bals en même temps,
étalés sur la grande prairie, gardant la réunion d’amis, plaisir d’aller d’une couleur à l’autre, au milieu, un populaire français autour des feux de St-Jean.

Après ! n'était plus le temps de la fête, dès le lendemain la prairie a disparu. Il s’est construit sur ce terrain à côté de la gare de Grigny 91, près de l’autoroute,
un complexe de bureaux, une masse de béton. J’ai quitté la Grande Borne, mon appart de fonction, comme on part le lendemain d’un spectacle pour un autre spectacle.
Vidé, enrichi d’expériences, ensuite, je n’ai pas la force ni l’objectif pour faire une sorte d’animateur à rester, suivre, inventer sur la vie de la cité.
Il y a une politique culturelle dans les villes, dans l’animation, qui consiste à penser que tout le monde est créateur. En embauchant quelques pros pour aider
et un meneur pour penser et coordonner le projet, la ville et ses habitants, les enfants sont les artistes de leurs fêtes.
Dans mon expérimentation, après avoir aussi défendu cette approche : Non !  tout le monde n’est pas artistiquement créateur, il y a du faux, de l’illusion totale,
dans ce système, le degré de liberté et de minimum vital est indispensable. Des médias utilisent aussi cette idée. Tout le monde est télévisuel, c’est la pauvreté ambiante,
sur des masses de chaines, à côté une culture d’élite,d'intellect. En version possible, avec ces données, dans une ville, une carte blanche à un créateur,
qui prend dans les associations, dans les écoles, et crée avec ceux qui ont l’envie, seulement, sans obligations de placer tout le monde. Sur un objectif qui devient commun,
Relié avec d’autres villes, pays, continents, tramé avec Internet, avec des relais médiatiques ou dans un cadre intime, défendant des sujets de développement de la suite.
 
 
 
 
 
Stop / oreiller relâchements/ bourdonnement d’appels, fatigué et de plein d’ardeur en même temps, les soupapes de sécurité sautent après l’effort.
Atterrissage dans une zone de sens caché. Le caché, les sueurs du battement de coeur crée le trouble et monte l’envie et la sève.
Le brouillard de ces vécus-flashes même s’ils sont mille fois répétés. Interdits soulevés, dormir à côté.
Il y avait bien des signaux dans la grande valse des yeux, dans la courbe la plus attirante du monde, il fallait agir, téléphoner pendant des heures, des détresses,des jeux.
Elle avait bien une voix d'extrème, quelques mots pour voir la recherche et le son. Je donne mon numéro. « Je t’appelle, raccroche ». Silence. Cité de nuit.
Sonnerie, c’est elle. Nous parlons des heures de tout. Ses imageries à mettre en réel, elle donne son numéro, parle de désir talentueux libéré de la prudence,
monté par la chaleur, raffiné, inventif, unique, en vrai, certainement exceptionnel, une fois dans une vie ? Tombé juste dessus, au carrefour des feux d’autoroute
de la communication, électrique dans le bras qui transmet avec ses mots à elle. Nous eûmes rendez-vous,au téléphone nous sortimes le cri doux, il était 6 heures 30 du matin.
— « Raccrochons ». C’était sûr nous n’irions pas. Forum des Halles devant le mur d’image.
On s’est reconnu, vu le signalement au fil. Bonjour un silence,elle a glissé ses mains sous sa robe en dansant à moitié, elle a descendu la minuscule étoffe rouge,
elle l’a jetée sur le sol. — « La voie est libre, tu peux passer la main ». Sans aucun mot avant, théâtralement, on est montés ainsi près des miroirs.
C’était à quelques mètres. « Tu peux aussi » — « Dis donc il faut je sois relax. C’est énorme ! ». Boutons et vibratos, déhanchements, au rythme des curieux ,
n’avoir rien à cacher, se mettre en cérémonie, en offrande, libre de son jeu, peau en alerte, en arrêt pour mieux rebondir, user la nuit.
Ailleurs elle était assise sur ma main, poisse argentée de coquilles marines, boisement dur en réaction en chaîne,  le lavage de blessure et de tristesse très lointaine,
remontant aux Atlantes, avait dit le sorcier, qui vivait en faisant remonter ses clients dans des vies antérieures.
Au restau, un peu caché par une nappe bleue, elle sortit le mat érigé et commença à faire un drapeau avec sa main, elle monta les couleurs au sommet,
c’était bien rouge rose comme l’intérieur de ses doigts, comme ont beaucoup d’africaines, le brun-bronze n’étant pas leur unique couleur.
Sur un escalier près de la Seine, elle dit « Prends du recul et regarde. Elle a fait une statue ouverte, allant librement bien avec le pont Alexandre III qui était derrière.
Devant des amoureux et des passants, une pensée noire musicale, elle emplit Paris de son contour, une carte géante comme s’il fallait caresser toute l’Afrique.
Sous le rire, entrer tout, là où la parole le demande, là pour arrêter les mots au fond de la gorge.
 
 
 
Médit  parfaite, simple, limpide, peut se faire n’importe où à n’importe quel moment, dans une posture la plus confortable à oublier son corps.
— « fixer un point de lumière.  laisser passer le cinéma énorme aussi rapide que le magnétoscope à grande vitesse, tout le miroir des pensées du moment ».
        Laisser couler le flot, entrer dans le silence de ce point de lumière. Silence sous la forme de ce point ».
        Corrections multi-sens avec âme suprême sans intermédiaire. Contact avec la petite pierre éternelle au fond de soi…
parler dans les théories d’arts martiaux. Sans demande ou mot, comme souvent dans l’idée de prière. Au début c’est un silence-vacarme, un silence peur,
puis silence-silence. Contact avec son surnaturel perso, son rattachement au tout par un petit point lumineux.
         Cela peut être de rester à l’instant d’ouverture du sommeil, avant de partir dedans, et de rentrer dans le rêve. Retourner aux racines, à sa nature éternelle.
Vécu comme un circuit, passant par ce point de lumière entre un instant de silence et la globalité du grand Tout !  l’appeler Repos ,déjà pas si facile à vraiment obtenir.
La médit pouvait vraiment faire partie du kit de voyage.

J’étais attiré par des procédures :
Avatar, qui proposent la fin d’une recherche, le début d’une expérience. je me suis créé avec ce stage, un nettoyage et un départ,
et même s’il est bien long à décrasser tout le moteur, et à vraiment partir… J’ai changé la bougie la plus lumineuse : je ressens que je suis créateur de mon histoire,
avant, je voyais des responsables, des destins, des entourages, maléfices, karmas, couches sociales, pauvretés, et bien d’autres. Là, quand je sors de la semaine ok ! :
le bon et le mauvais du trajet, c’est bien moi, alors à moi de jouer ! c'est facile à dire.
Quelques jours avant de démarrer, je vais me faire recoudre les fils de lumière ! Les sept roues des chakras  reliés par des filaments imaginaires dans cette dimension…
La partie orientale de ma carapace va se faire raccrocher comme il faut par le Doc Atland, un spécialiste. — « C’est pas de la science-fiction au quotidien ça !… »
Le ré-azimutage de ma carlingue a été court. C’est toujours ce que je ressens quand je vais chez un homme ou une femme médecine,
ce qui voudrait dire que je me reprogramme assez vite, après l’entrevue, ce qui n’est pas une bonne croyance.
La veille de la semaine Avatar, je fait une régression, spirales du voyage,modification de la conscience ? à se laisser partir dans l’alpha.
Chaleur de lumière autour, en dessous lumière de véhicules. Ce n’est pas traduisible en mots.
Deux sensations : l’une qui prépare à quelque chose : seul dans un vaisseau cube où toutes les faces sont des hublots. Images et sensations nettes. A moi de faire…
Rien ne viendra ou ne se fera sans que j’intervienne, sans que je sois, moi-même; l’intervenant principal. Arrêter de penser que tout peut arriver, par simple suite
logique ou espoirs. AGIR… L’autre sensation du poétique, vision de ce vaisseau-cube; seul en espace dans un monde blanc, instant à état brut, faire un texte
c’est déjà un double, porteur du code : AGIR.
Avec la paye de la Fête l'espace Temps de la Révolution,je voulais offrir ce stage à ma compagne,mais juste avant de le faire,elle veux que ce soit moi,prétextant
que j'en aurai plus besoin,toujours avec ce don,cette décision d'aide qui venait toujours d'elle  "D'Elle" justement :elle provoque toujours mon changement.      

Le lundi matin de la semaine Avatar, avant d’entrer, devant la porte, je m’arrête et je me crée « Tu sors à la fin de cette semaine un autre être, tu remplaces
ton fardeau d’échec par une bonne réussite douce à la vie, possible !? »  J’entre. J’ai fait beaucoup de stages sans payer, étant dans les équipes de réception,
pas d’accord avec ces prix fous, J’apprends que le master; c’est le double, tu n’as pas le dossier à la fin, l’intégralité de ce que tu as travaillé, noté, sur toute la semaine.
Cela reste au centre, il est possible ensuite de venir le consulter, mais tu ne pars pas  avec les documents.
J’ai besoin d’écrits dans mon travail de suite, je trouve les ouvertures et je note tout, je vais faire des photocopies. A la fin de la semaine, j’ai bien sûr, l’intégralité,
même tous les documents du Master, j’adore ces facéties de doublage de ce business-trop,je crois que depuis il y a une réflexion et des actes sur ce sujet ?
J’avais besoin de documents pour ma compagne, ce n’est pas une excuse. Je m’assume, baroudeur, fraudeur ! S’il le faut, dès qu’il y a besoin vital.
En sanscrit Avatar, c’est descente : c’est bien descendre dans son jardin d’intériorité, souvent il y a tellement longtemps que l’on est descendu, les marches sont détruites.
On peut se casser les jambes sur ces pierres éclatées, c’est là que les gardes ont leur rôle, passeurs de la procédure. Il faut déjà reconstituer les marches,
prendre des échelles de corde, réorganiser une belle descente puisque nous avons l’objectif de visiter ce jardin. Etonnant ! la descente est difficile.
s’apercevoir que si je ne soignais pas ce territoire, des jardiniers invisibles, des êtres élémentaires ou je ne sais quel magicien, étaient passés ?
c’est la descente qui est le travail laborieux, être coincés, exténués, sur une marche. Arrivés en bas c’est lumineux, le soleil arrive par des côtés inconnus.
Il faut peut-être simplement descendre, même si c’est noir, humide, glacé, brûlant, « même si ça pue ». Si on s’accroche à des fantômes, à de vieux souvenirs rouillés,
envoyant des images sur des récepteurs recevant toujours, alors qu’il n’y a plus aucune raison de rester branché avec ce vieux canal diffusant sans surveillance.
Juste parce qu’il a démarré un jour, et que rien ni personne n’est venu décrocher l’antenne ou brouiller la ligne.
Le premier acte de cette semaine, c’est de « Ressentir », pouvoir ressentir aux quarts de tour, bien sûr en création il y en a, mais c’est un moment exceptionnel,
le temps haut d’une démarche. Je ne savais plus ressentir autrement. Ressentir la plante, posée sur l’évier, là, maintenant. Toucher sans traduire,
délimiter l’étendue de son contour, le vert s’arrête, après c’est du vide, ressentir l’étendue de ce vert, se projeter dedans, devenir la plante, imaginer ce qu’elle ressent.
         — « Pas intellectuellement par la pensée ? » — « Non, se jeter dedans, sans s’écraser, envoyer son esprit dedans. »
Un duo de masters pour cette semaine. Jean-Jacques Collet et Eric Raufaste,  centre de créativisme de Paris, qui disparaîtra peu de temps après,
mais c’est lundi de ma semaine, ils sont jeunes avec une énergie speed de connaissances nouvellement arrivées, d’envies de partager, de découvertes à donner.
Ils ont beaucoup navigué avant, sur les nouvelles voies psy. Je les nomme héros de mon odyssée du moment, mes passeurs de philo-perso.
Je n’ai pas fait d’études, j’ai une culture sur le tas,dans le voyage, j’ai vécu les intellectuels rencontrés, possédant une force que j’utilisais à l’antipode avec du vécu brut,
recoloré par un filtre, appelé par l’entourage, poétique, mais qui est un fin reportage de détails d’une traversée dans la traversée, étant jusqu’à présent non identifié.
         — « Eviter de ressentir, c’est penser » me disent les deux masters.
         — « Le but de ressentir c’est créer pour soi, sur soi, il en découlera sur tout l’autour, l’autour qui découle sur un plus lointain autour ».
Revenons à la plante sur l’évier, ressentir, délimiter ! rester dans la plante, si c’est difficile, respirer par le bas-ventre, arrêter le jugement, elle est belle, elle est moche ?
non elle est, c’est un jeu. Quand tu as appris à le faire avec la plante, tu peux mettre une pensée qui te gêne, une partie du corps, un souvenir malheureux,
n’importe quoi que tu as tout intérêt à faire disparaître de ton cerveau. Le verbe sert juste à informer qu’il va disparaître pour la sensation.
Utiliser une puissance d’ordre à cette sensation, d’ordre à la disparition, d’ordre au changement, décréer pour recréer un bon remplacement.
Le fort de la procédure c’est d’arriver, avec des mots écrits, ou dits par les masters, à entrer dans une dimension, où le mot perd toute sa valeur pour le sens.
Le maniement des ressentis touche l’intérieur, le maniement des mots, touche superficiellement. Le maniement du ressenti reste. S’il ne reste pas et cela arrive beaucoup,
c’est qu’il y a des masses persistantes… comme ils disent. Les éplucher comme un oignon, chaque peau de la masse pour arriver à son centre.
C’est un jeu de science-fiction où tu es toi-même le jeu, l’ordinateur, l’écran et l’enfant qui passionnément joue. L’opération suit son cours, ne pas lui résister.
Quand tu te remets à penser, tu es séparé de ton jeu, quand tu ressens tu redeviens la souris, le doigt qui clique, l’ensemble de l’installation informatique, la pièce,
la maison, le jardin autour, la ville, le pays, la planète et beaucoup plus loin heureusement.
Quand s’est éteinte la lumière des croyances qui envoient des maux, dans ce vide, l’étape suivante est de créer, de mettre des objectifs.
Dans un contexte de nettoyage, arriver sans heurts de la pensée à la matérialisation, si cela ne vient pas, il y a des secondaires, des parasites, qui ont tout intérêt
à faire échouer le projet, re-action sur ces secondaires, les réduire à néant pour refaire circuler le fil de l’idée de l’objectif. Au bout il y a le vrai.
Dans les premiers jours, je suis surexcité par ce guidage dans l’histoire, la nuit je dors très peu, j’expérimente avec tous les objets et les végétaux qui traînent,
après je choisis dans toutes mes réserves de faiblesses,la fatigue me déclenche mon mal de l’époque : d’horribles crises de reins à se taper pour avoir mal ailleurs,
oublier l’étau. Jean-Jacques et Eric se proposent de me faire circuler dans les Procédures, avec ce mal. Je comprends en vrai, en chair, quand je n’arrive pas à décréer,
je suis terrassé à me tordre, recroquevillé par terre, quand j’arrive enfin, juste sur un mot, je tombe dans un coton moelleux, un paradis mou en arrêt.
Je ne sens plus rien, il y a une seconde c’était l’horreur, maintenant le corps s’est endormi dans de la pâte d’amandes, dans une gomme blanche brouillardeuse.
         — « Oh c’est bien. Je veux plus rien faire, rester comme cela dans le creux, le mal arrêté, oh merci j’arrête… »
Avoir eu mal pour sentir le plaisir sans équivalent de n’avoir plus mal, sentir le contact du monde, d’être dedans, d’y voyager sans limitations.
— « Ce n’est pas recommandable d’utiliser le mal pour faire le travail, cela peut se faire doucement sans drame, c’est ton truc là ! » dit Eric.
A la fin de la semaine, la Procédure ultime passée, il n’y a pas Masters et élèves, nous avons le même outil, la notion de maître est virée naturellement.
Pas de groupe, pas de clan, reprendre n’importe laquelle des croyances ! Ambiance : Une vie commence ?
Entre, aller pleurer des larmes de joie sur l’épaule à la porte des étoiles, et rejoindre les détracteurs et les douteurs pros, il y a beaucoup de nuances.
Les échecs : c’est la peur, ou la paresse d’aller foutre les doigts dans le cambouis, réparer c’est souvent changer les pièces, introduire de nouvelles croyances.
        

 
 

Le Passage Danse
C’est une aventure d’explorateurs
Un poème chaud de toute la vie               L’arbre source         C’est comme une vision
En direct        d’une autre terre      Ici…    Aussi…
Je marche sur la vallée      J’ai fait les longues routes
            Les fêtes cachées           Le son de ma voix et le sens de la voie
            Se croisent             Je trouve le passage           j’entre
Un vent intérieur se lève      Je rencontre des arbres
Plein d’ombres libres     Et d’écorces violons
Toutes les couleurs de ma nouvelle histoire
Les chemins du ciel sont !    Les derniers mots avant…
L’entrée en nature
Je suis           Nous sommes      A nos machines à cueillir les signes
Il  y a des tambours d’eaux      Des musiques de danse au loin
Pour celui qui marche seul sur la route
Le cri d’un monde uni        Un soupir de corps              musical
Laisses partir ton souffle…       Dans les roues d’énergie
Le passage est ouvert         Je t’entends dire :
— « Des guerres éclatent partout, c’est où ?    ce pays d’où tu parles ? »
C’est ici         en tout               Toujours       l’aventure-conscience
            LE PASSAGE DANSE


 
Le Passage Poète
  Dans le monde des anges    Des elfes et des arbres
Je monte tous les sommets       Pour descendre en moi
Quand je tombe au sol      Je reste en éveil
Méditer la force
De chaque escale       Du voyage d’aventure
Tant de morts de naissances
Je les vis tout possible   Pour aller sentir      La conscience alignée
La planète sur l’amour    Je monte tous les sommets
Pour descendre en elle     Dans les champs ouverts
Du passage poète
Je rentre tous les mots    Pour descendre en moi
Dans un arbre je vais     Accueilli d’enfants lumières
Ils donnent en sourire    Un présent de la terre
En silence le temps    Nous joue une source
Il est temps de partir                  Descendre en nous
 



Les Chemins du Ciel
  Explorer         la conscience et l’univers        Je reste          là pour le faire
J’aime            vous entendre chanter       D’une voix qui monte dans le voyage
Nous sommes tous l’équipage
L’équipage d’un vaisseau planète            Bleu    Pour la sauver          
J’aime vous entendre donner        
Donner           des mots pour le faire
Ecouter          dans la tempête des idées
Ensemble      dans la fin du siècle      Un hymne       de la paix vient monter
  Je vais           par les chemins sensibles      Explorer         laisser monter les larmes
Les émotions            toutes les peurs     Etre libre        lâcher prise et grandir
  Je vais           par les chemins de terre       Respirer         les arbres et les rivières
Je deviens     toute la nature     Je suis elle    je suis vous
  D’une joie qui monte sans le langage
Nous sommes tous un équipage    L’équipage d’un nid stellaire          grand
Pour le trouver          J’aime vous entendre chercher
  Les messies de partout ils viennent   Ils sont là et c’est vous… tout simplement
Devenir ce que l’on aime    C’est là le message de ce temps


                                                                                                                                                   SUITE





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