Baroudeur 4




« Oh là ! Forte dose d’ambiance source-spirit. Si je ne sortais pas du stage, j’aurais mis plus de hara, de présent là, d’allusions au vide,
aux fatigueries entre les temps forts, au largage dans le monde dit « Réel ». Encore faut-il avoir à en dire, il est peint si parfaitement sur toutes les coutures
par les meilleurs représentants de la culture, allons donc voir dans le « sensible », c’est beaucoup plus désert, dans cette partie ?

Assumer les pointes de coeur aux battements, c’est devenu prières, je les chante dehors sur les chemins. Il paraît que les êtres élémentaires aiment entendre des chants,
en phase avec leurs travaux.
La tournerie fonctionne avec la nature en face. Avec des humains pris au hasard, c’est peut-être plus risqué.
Il y a des contrées sonores qui viennent du fond des mots, son du couple mutant, puis de la Nef-Musiq des Lyds, revisités par de nouvelles machines.

Avant, pour aller dans de la matière musique hors norme, il fallait inverser ou ralentir des bandes magnétiques, malmener des cordes, étirer, aller vers le free,
avec les synthés Ordis à la portée des bourses de dériveurs, un millimètre de bouton déplacé c’est un son nouveau, l’ordinateur avec des logiciels de créations de son,
est un laboratoire sur l’écran, pour tisser des fibres sonores. Dans cette branche, la haute technicité a créé l’artisanat, se faire son décor d’écoute.
les sons d’usines, sont les sons entendus partout, l’alphabet sonore. Il y a moyen de trouver entre le connu, des ouvertures d’autre monde, comme dans le quotidien,
il y a entre les choses habituelles de la vie, manger, travailler, dormir, des portes invisibles pouvant s’ouvrir et mener.

Reconstitution peinture de climats, demi-teintes, empilages de couleurs, le son des magiciens : les instruments traditionnels depuis la nuit des temps jouaient ce rôle,
mais il pouvait y avoir des chants vibratoires, chant de silence, n’étant pas retranscrits : au-delà, en deça de la musique.

— « A moins de l’utiliser comme un instrument de recherche comme Louis Sclavis tiens ! par exemple, mystère tiens dans ces mains.versant de l’autre côté des musiques. »
C’est cette zone, qui est terrain à défricher à l’ordinateur dans cette artisanerie hors-temps-modes. nous avions nos classeurs pour notter les resentis a chaques sons.

Musiq-climats, dans la nature il y aurait à la fois le son des éléments et nos mémoires sonores qui retransposent. Reportage de son univers intérieur, descendre encore,
comme un spéléologue dans une grotte. Descendre avec un magnéto numérique, aller chercher le son, ou monter, mais changer l’état, ramener au laboratoire,
brancher les échantillonneurs et jouer avec, adoucir au souvenir, ôter ce qui fait mal. En trouvant le point d’arrêt, adapter à l’heure près, en faire du vivant.

 
        
L’arbre source, c’est un arbre géant, les gens entrent à l’intérieur de son tronc, accueillis par des maîtres de cérémonies qui sont des enfants.

Au coeur de l’arbre, un mur d’eau ou des rayons lasers écrivent et dessinent.
un spectacle permanent, un lieu de repos et de ressourcement, de haltes.
Au sol, un tapis de feuilles-poèmes, des coussins liquides.
Transformer le jardin intérieur, jardin du monde, de la conscience solo à la conscience de Tous.
A la sortie de l’arbre source, il y a des arbres à sens : l’arbre à musique, micros capteurs des caresses et des tapements de la main à l’écorce.
L’arbre à poèmes, un arbre à lire sur toutes ses feuilles. L’arbre à écrire pour laisser des messages. L’arbre à odeurs, orgue pour un voyage olfactif.
L’arbre à goûter, refait chaque jour, des herbes, des simples à soigner.Les maîtres de cérémonie partagent des présents avec chaque visiteur.
Le tout est un spectacle de dix minutes, renouvelable trois fois par heure.

 

Diem ! carpe Diem ! « Profiter du jour présent / que votre vie soit extraordinaire / sucer la moelle secrète de la vie / : Cercle des poètes disparus ?
Non !, avant, Diem, maison de disques pour le mieux-être. Francis Léry à la direction, un chalet dans un jardin du Vexin. Montres-moi ton jardin, je te dirai qui tu es.
Isolation naturelle dès l’entrée, renvoie à des contes, des parties dessinées, d’autres sauvages, comme d’anciennes verdures de sages ancêtres, des lignes de fuite,
un tendre réel de couleurs et de branchages dans de grandes hauteurs, un accueil, des lieux très cachés à se réserver à soi, le parc était un parfait portrait du couple du lieu.

Leur rencontre coïncide avec ce studio à la maison, même si nous n'avons plus de maison, mais un studio voyageur.
Francis et Bernadette nous invitent quelques mois en troc d’un spectacle : Une soirée de ressentir. Une performance musicale et sensitive.
Le décor est là, ce sont tous les points forts du jardin. La scène est divisée, entourant les spectateurs à la fenêtre centrale, toute la machinerie du chant et du mix.
Les toits, des synthés de chaque côté, des robots-lumières, l’arbre-grand en relais, le saule, le balcon du haut pour les choeurs, écrans sur les portes vitrées du bas.
Dans les spectateurs, en même temps que le show, des plateaux qui tournent avec des odeurs, des goûts, des boissons, un nombre de possibilités de saveurs,
offerts comme un cadeau, déposés dans la bouche.

Après dix chansons, Bernadette Blin vient conter une méditation, c’est la fête d’Isthème, son école de relaxation-évolutive. Le jardin est empli, ses élèves,
des gens intéressés par le programme de l’année, des voisins, des jeunes au hasard du sortir, toutes sortes de public entré dans le jeu de multi-sensations-spectacle.

L’intendante-cuisinière de la maison a le talent de retenir par le palais, par la manière d’entourer les habitants provisoires, secondée par une femme d’Afrique du Nord
qui a déjà très naturellement le sens de recevoir.
Marie-France, l’intendante, est aussi chanteuse, nous l’embauchons sur les toits, la fenêtre du haut, les enregistrements,
toute la ponte des chants de la Nef.

         Danou est sur le toit gauche avec son MS 20, vieux synthé analogique qui rappelle les temps héroïques. Elle était partie avec le théâtre ballade de St-Malo,
dans une chapelle désaffectée, comme lieu de répétition, de vie et de retraite, histoire de trouver son histoire perso.
Ensemble par le vide, des sans-toits trop longtemps, nous ne savons plus quel rôle nous tenons : vieux amants bien sûr, frangins, couple Tao, 
partenaires-musiques portés par un destin routard, duo trop E.T., décalé dans le temps, malades du trop d’affectifs, voyageurs fatigués de plusieurs incarnations,
couple en cheminement ou thérapie sauvage sans guide ?

Mais c’était un jour faste, elle avait repris son maquillage de navigation, à l’aise dans le retour sonore, assurant aussi le fer à souder, les longueurs de fils,
les branchements du dernier moment, toute sa partie conviviale en retrait du musical silencieux.

         Oriam, partenaire musical de trois albums. est là, sur un des toits, avec un D50 et un gros tambour taïko de chaman, nous allons bientôt habiter ensemble,
et partager les codes sonores.
Après le spectacle, les stages reprennent dans la maison, plus de place et nous devons partir encore sur la route, mais sans camion,
un coup d’Etretat, retour à la case départ, aux amis de Falaises.

         Début du mixage du « Passage » là-bas, côté expédition. Petite vallée juste avant la mer, et en soi l’immense vallée de la transformation.
Au casque, le mix chaud, à marcher dans le jardin qui surplombe, enflammé comme si c’était exactement la musique du lieu.

         Nous rencontrons une artiste potière, eurasienne, qui allant bientôt changer d’atelier nous héberge, puis nous laissera la maison : Amponville près de Fontainebleau,
décor bauce, des grands ciels, un arbre solo, au début du chemin de la marche quotidienne,  soleil ou chants dans le froid, récouter ce qui s’est fait le jour au studio.

         Marie-Pierre, pensait certainement que nous arrivions seul avec nos machines, en fait, il y avait une troupe derrière… ce fut difficile, mais artistiquement.
Son atelier était partout, dans la cuisine, l’entrée, les chambres. Partout un amas de terre, de documents, de gravats, de  plans, de poussières, pas un désordre,
une fin du monde, mais il est parfois utile de créer une fin du monde, jusqu’au moment du temps fort. Le temps fort sortait du four. Elle sculptait des fontaines,
mais pas des déjà vus, un jet unique, avec des couleurs fondues, des teintes de magma harmonieux sur des pyramides ou  des globes qui sont déjà une oeuvre,
Une artiste transcrite Tout entière, dans son sillage des formes.
Il y a cette matière, cette terre, ces objets qu’elle sculpte à la main sur le tour, en concret.
         En abstrait son mon écran, en haut dans la pièce qu’elle nous a réservée, des épaisseurs de sons, des tris, des banques qui s’organisent avec des couleurs
pour les retrouver au moment où il faut : liquide / matière / soufflé / descente / passage / signes / pierre / terre / Eros /

         Avec ces mots la musique se faisait.Danou sait mettre juste un mot de ressenti sur un Son.
Oriam habitait là maintenant, c’est un batteur qui a viré au synthé, il a fait partie des Voyageurs intemporels, cette bande dessinée de I.J.P. Appel-Guéry et Sergio Macédo,
du conte, une B.D., pour rêver et si tu vas voir de près, du vrai derrière, devant et autour, vrai projet expérience d’êtres pionniers de science intérieure.

Un groupe avançant depuis plusieurs décénnies, presque en secret, pas figé dans des vieilles croyances, du travail au jour par jour avec un captain-capteur,
à l’humilité pour la porte de réception, qui apparemment est bien en rapport, depuis longtemps avec une hiérarchie, mutations planétaires,
avec un programme initiatique transcrit, une poétique des dimensions, avec arrivées à long flot d’infos.

         Oriam a toujours été branché OVNIs, ovni batterie clavier et cela tourne. Il rencontre donc Ios et son groupe, il avance en musique avec cette recherche,
pour des raisons de femmes, de solo, et de travail sur l’intérieur, il en sort, restant en branchement satellite.
Beaucoup d’aventure S.F., comme la Nef-Musiq,
sont en branchement satellite avec ce plan, parfois sans le savoir.
Famille énergétique ? — « Je n’ai pas forcément besoin d’aller les voir pour ressentir leur programme,
d’être près quand je suis aligné sur mon ère de nettoyage, et mon simple ouvrage.

Oriam utilise la musique comme lien, avec tout ce qui l’entoure, sans but d’utilisation. C’est très ritualisé, très direct, uniquement dans cet usage de captations
dans l’instant, pour se régénérer.
Quand l’arbre-source fut prêt, Woltek Siudmak vint donner sa peinture d’arbre-homme, elle correspondait au rapport, avec l’arbre-solo,
au début du chemin de la marche quotidienne. Siudmak allait plus loin que cette visite, s’asseoir sur les racines, mettre son dos sur l’écorce, ressentir la force dans les reins,
dire quelques mots.
L’arbre de Siudmak était en teinte de soleil et d’automne avec un vent énorme, ou un souffle de lumière blanche. Pas d’orage, ni de terreur,
car des oiseaux volaient bas et calmes. L’arbre était un mâle. il y avait plusieurs hommes larges, musclés et veineux, plusieurs bas du corps d’un grand tronc commun,
partant en branche et en aspirations, une colonne pour monter au ciel ? sexe végétal ou une mutation de l’arbre avec des jambes d’hommes pour enfin partir ?
Sûrement une scène d’une autre dimension ? Ou le portrait des véritables voyailleurs ? unis quelques secondes : une image d’arbre se dégage,
puis ils repartent chacun dans une direction différente, libérés et puissants.
Pendant ce temps, Les chants de la Nef  tournaient sur les logiciels,
cette vieille histoire remontait au ventre, elle arrivait sur le visage, il avait beaucoup plu, c’était un arc-en-ciel, le front dans l’azur, le reste dans le désert,
les lèvres bleuies, le noir autour, sur la pochette de la vie cellophanée.

 
Le Monde Bleu, je l'ai écrit pour Danou,en m'adressant à elle et c'est Elle qui a trouvé le Riff au dessus des mots, le petit quelquechose au dessus,
c'était bien "elle", le petit quelquechose au dessus...


Le Monde Bleu
 
Le rêve bleu     Qui se pose encore
Souvent dans tes yeux
N’a rien à voir    Avec l’aujourd’hui
Tu passes des nuits à vouloir     Tout le retour d’un passé
Et tu brises ton corps à penser
Le monde bleu   Qui se vit encore    Souvent dans tes yeux
A bien à voir    Avec l’aujourd’hui
Tu passes tes jours à bâtir
Toute une nouvelle aventure
Et tu viens au temps de ta science
Tu peins         tu filmes         tu joues          tu chantes
           Tu vends        tu lances        tu souris         ta pensée
Et même si elle retombe ça te fait
Le monde rouge
Qui se vit au coeur               Il faut que ça bouge
A bien à voir              Avec l’aujourd’hui
Tu passes des vies à souffrir     Tout le retour des légendes
Jette les croyances              Pour rajeunir
Le monde vert
Qui guérit pour toi                Là où tu vas vers
A bien à voir              Avec l’aujourd’hui
Tu passes l’instant à vibrer     Tout le retour en nature
Et tu viens à ton temple sacré
Le monde jaune
Qui brille au corps    Miroir comme un clone
A tout à voir               Avec l’aujourd’hui
Tu passes des soleils à chercher
L’arc-en-ciel et en toi
L’arche d’entente     Un but à créer  
L’ARCHE D’ENTENTE       UN BUT A CREER.

 


Remonter la vie
 
Remonter la vie   Tout le fil de son temps
Projeter les cris    Transformer les ans
Décréer les guerres   De mots et d’images    Décréer les haines
Les chocs de tous les âges
Remonter la vie     Jusqu’au début du monde
Nef Musiq tous les sons de ce vaisseau
Sont un carburant magique   Voyager dans le cerveau
Remonter au primitif
Remonter la vie jusqu’au début du monde
Décréer son mal de vivre et de mourir    Recréer le monde
Pour soi pour le plaisir    Recréer pour tous    Un libre libre être
C’est l’amour   Le vaisseau de ce voyage
Un long vol vers la lumière     Une histoire à chaque image    Aussi forte que la prière
Remonter la vie  Dans un raid ultime
Remonter la vie    Possible channeling
            REMONTER LA VIE JUSQU’AU DEBUT DU MONDE
 


Journée d’Enfant Eternel

A tous ceux dont le voyage est guerrier pacifique et enfant éternel
  Quand je rêve de ce temps créé       Viens la trêve du guerrier                La paix descend
Le jour se lève          J’entre dedans
Je sors du sommeil     Je suis un enfant
Le réveil me sonne      L’heure d’aimer      Je colore    je fredonne
Le ciel de mon lit
En ouvrant les volets    Des arts choisis
En apprenant maintenant
Aux merveilles sans fin       Par la fenêtre       je vois des chemins
Le monde a parlé      moi je ne retiens
Que la rencontre du jour   Juste poème du matin
            Quand je rêve de ce temps créé
            Viens la trêve du guerrier                La paix descend
Quand vient le repas
Je rêve ma maison         de pierres et de vieux bois      Je traverse le monde
Je fais plein d’amis       Je les trouve partout à la ronde
Je les emporte en moi    Je vis tous leurs voyages            Toutes les odyssées
J’en fait mon aventure                     Aujourd’hui elle donne
Cette musique au coeur                  Que je crée depuis toujours        Maintenant se réalise
            Quand je rêve de ce temps créé       Viens la trêve du guerrier                La paix descend
Enfant éternel sait tout
Joue joue joue de ça        Enfant éternel sait tout
Joue joue joue de ça



La Nouvelle Vie
 
Aux aventures étranges      Aux danses des esprits
Les voyageurs s’assemblent        Construire une nouvelle vie
  Où sentir est le début
En soi tout l’univers est là
Où sentir est le chemin      En soi tout l’univers est là
  Quand j’entends les éveils
Qui bougent      le temps présent
Quand je sens de la nuit        Le voyage du vaisseau de lumière
Comme je ressens          Alors  de venir vous prendre
Amitiés amours passées        Regards volés au passage
Vous emmener
Plus loin que nous étions allés       Venir en votre lieu
Franchir les marais de fange     Les déserts de haine        Et ces monts brûlés
Pour ces repas et ces larmes         Ces silences ces odeurs de bois
  Quand je sens renaître
Aux poèmes sortant de leurs livres       Quand je sens si lointaines
Les blessures enfuies dans le temps
                                   J’ai trouvé un vaisseau qui dit ne pas avoir de passé
                                   Ni présent    ni futur     juste l’instant.



Lagune
 
Quand la nuit s’achève
    Que le rêve s’estompe
Plus fort que la fièvre   Reste des ombres
Couchés dans la lagune      Du monde des lumières
De l’accord qui sombre et se renouvelle
Dans le vert               Dans l’éther
J’arrête tout               Je respire         J’arrête tout je respire
  Quand le gris s’achève     Que les maux s’estompent
Plus fort que le rêve       Court les ondes       Couchés dans la lagune
Dans l’éternel nu
D’un matin qui monte et se médite         Dans le blanc dans le vide
J’arrête tout               Je respire
  Ton souffle     Tes yeux        Ton rire          Ressentir
Mon souffle    Mes yeux       Mon rire         Ressentir
Mon souffle    Je peux mourir          Ressentir
Mon souffle je peux renaître Ressentir
  Quand le jour se lève   Sur le glaive du combat
Combat pour cette paix         coeur à corps à cris
Levé dans la jouissance     De l’éternel défi
Du corps de sa danse       Qu’il soit guéri
Dans la caresse dans l’étreinte
J’arrête tout je respire
Ton souffle     Tes yeux        Ton rire          Ressentir
Mon souffle    Mes yeux       Mon rire         Ressentir
Mon souffle    Je peux mourir          Ressentir
Mon souffle je peux renaître Ressentir
J’embrasse le monde                         Je peux être







                                                                                                                 SUITE


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